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Style et décoration

Les plantes autour d'une verrière

Une verrière donne envie d’y adosser des plantes. Le végétal adoucit une trame très graphique et anime le côté qui manque de vie. Reste à savoir ce qui pousse réellement derrière un vitrage intérieur, et comment garder le verre propre quand un feuillage passe devant.

Verrière noire à petits carreaux avec porte coulissante entre bureau et salon
Verrière noire à petits carreaux avec porte coulissante entre bureau et salon Image d'inspiration

Un vitrage intérieur ne fait pas une serre

La lumière qui arrive à une verrière est déjà de la lumière de seconde main. Elle est entrée par une fenêtre, a traversé une pièce, a rebondi sur des murs et sur un plafond, avant d’atteindre le verre. Chaque étape en enlève une part, et ce qui reste de l’autre côté du vitrage n’a plus grand-chose à voir avec la clarté du bord de fenêtre.

Le facteur qui compte le plus n’est pas l’orientation, c’est la distance à la fenêtre. La lumière chute très vite dès qu’on s’en éloigne. Une plante posée contre une baie et la même plante posée quelques pas plus loin ne reçoivent pas du tout la même chose, alors que l’œil ne fait presque pas la différence : l’œil s’adapte, la plante non.

D’où une règle de départ. Du côté source, celui qui possède les fenêtres, vous pouvez viser des plantes exigeantes. Du côté servi, celui que la verrière vient éclairer, restez sur des plantes d’ombre, même si la pièce vous paraît lumineuse.

Le vitrage lui-même est rarement en cause. Un verre clair feuilleté laisse passer l’essentiel de la lumière visible, et un verre dépoli la diffuse sans beaucoup l’atténuer. En revanche, la lumière qui a franchi deux vitrages successifs, celui de la fenêtre puis celui de la verrière, a perdu beaucoup en chemin. Les feuillages panachés sont les premiers à le montrer : ils reverdissent pour capter davantage.

Évaluer la lumière d’un emplacement

Avant d’acheter quoi que ce soit, mesurez ce dont vous disposez réellement. Le test se fait sans matériel et prend quelques minutes.

  1. Choisissez une journée grise plutôt qu’un plein soleil : c’est la lumière moyenne qui décide de la survie d’une plante, pas la meilleure heure du plus beau jour.
  2. Tendez la main à l’emplacement prévu, à la hauteur du futur feuillage, et regardez l’ombre portée sur un mur clair. Ombre franche et dessinée, la lumière est vive. Ombre floue, elle est moyenne. Aucune ombre, elle est faible.
  3. Essayez de lire un texte à cet endroit sans allumer, en milieu de journée. Si vous devez approcher la page, l’emplacement est sombre.
  4. Recommencez en fin d’après-midi, à l’heure où la pièce s’assombrit le plus vite.
  5. Repérez l’ombre portée des montants et des traverses : une verrière projette sa propre trame derrière elle, et une plante placée pile dans l’ombre d’un montant perd une bande de lumière toute la journée.
  6. Notez ce que vous avez observé au lieu de vous fier au souvenir : une pièce paraît toujours plus claire qu’elle ne l’est.

Dans la grande majorité des logements, le côté servi ressort en lumière faible à moyenne. C’est suffisant pour beaucoup de plantes vertes, mais cela exclut d’emblée tout ce qui réclame du plein soleil. Le sujet rejoint celui de l’orientation, qui décide surtout de l’heure et de la nature de la lumière transportée par la verrière.

Ce qui tient du côté sombre

Le côté servi est le plus intéressant à végétaliser, parce que c’est celui qui manque de vie. Il demande des plantes qui acceptent une lumière faible et un arrosage espacé.

  • Le zamioculcas, très tolérant au manque de lumière et aux oublis d’arrosage, avec un feuillage vernissé qui accroche bien la lumière artificielle le soir.
  • La sansevière, verticale et graphique, qui accompagne la ligne des montants sans prendre de place au sol.
  • Le pothos et le philodendron grimpant, qui supportent une lumière faible et se conduisent en retombée depuis une étagère ou le dessus d’un muret.
  • L’aspidistra, la plante de couloir par excellence, lente à pousser mais très difficile à faire mourir.
  • L’aglaonema, dont les variétés à dominante verte tiennent mieux à l’ombre que les variétés très colorées.
  • Le chlorophytum, facile, qui pardonne les négligences et se contente d’une lumière moyenne.

À l’inverse, certaines plantes n’ont aucune chance de ce côté, quelle que soit la qualité de la verrière. Les cactées et les succulentes s’étiolent et s’étirent vers la lumière. Les plantes à fleurs cessent de fleurir. Les feuillages très panachés perdent leur dessin. Et les aromatiques, souvent posées dans une cuisine séparée par une verrière, dépérissent dès qu’elles s’éloignent de la fenêtre.

Cloison vitrée acier noir séparant une chambre du séjour
Cloison vitrée acier noir séparant une chambre du séjour

Ce qui prospère du côté lumineux

Du côté des fenêtres, le choix s’élargit beaucoup : monstera, kentia, dracaena, strelitzia, ficus au feuillage large. Une grande plante y trouve la lumière dont elle a besoin et donne à voir quelque chose à travers le verre depuis la pièce voisine.

Deux réserves méritent d’être posées. La première concerne le soleil direct derrière une vitre : les rayons de l’après-midi peuvent brûler un feuillage tendre, et un voilage filtrant règle la question sans priver la pièce de clarté. La seconde concerne la chaleur : un pot sombre exposé en plein soleil derrière un vitrage chauffe vite, et le substrat sèche beaucoup plus rapidement qu’ailleurs.

Il y a enfin un effet auquel on ne pense pas. Une grande plante posée entre la fenêtre et la verrière fait de l’ombre à la pièce servie. Vous avez fait poser un châssis vitré pour amener de la lumière, et une masse de feuillage en intercepte une partie. Préférez à cet endroit un port aéré, comme un kentia ou un dracaena, plutôt qu’un feuillage dense et compact.

Une plante placée du côté des fenêtres décide de la lumière qui arrivera de l’autre côté.

L’eau, l’humidité et le métal

C’est le point technique que les articles de décoration passent sous silence. Le thermolaquage protège durablement l’acier, mais il protège une surface saine : une arête rayée, une eau qui stagne au même endroit pendant des mois et du calcaire séché finissent par avoir raison de n’importe quelle finition.

  • Ne posez pas un pot directement au pied d’un montant sans soucoupe étanche : l’eau qui déborde reste piégée entre le sol et le métal, à l’endroit exact où vous ne la voyez pas.
  • Sur l’appui d’un muret, protégez le support : un dessous de pot rigide qui laisse passer l’air évite l’auréole sur un plan en bois et la trace blanche sur une pierre.
  • Évitez de brumiser face au verre. Les gouttelettes sèchent en laissant un voile calcaire qui se retire mal, et la brumisation apporte de toute façon peu à la plante.
  • Méfiez-vous des cache-pots sans trou et sans réserve visible : ils retiennent une eau que vous ne contrôlez pas, les racines s’asphyxient et les odeurs suivent.
  • Essuyez sans attendre une coulure sur un profilé, en particulier sur une teinte sombre et mate où le calcaire se voit immédiatement.

Dans une cuisine ou une salle de bain, l’humidité ambiante entre aussi en jeu. Les plantes en ajoutent une part modeste, mais dans une petite pièce mal ventilée, chaque source compte, et la buée sur le vitrage est le premier signe visible. Le bon côté de l’affaire, c’est que ces pièces conviennent particulièrement aux fougères, aux calathea et aux alocasia, qui y trouvent l’ambiance humide qu’elles réclament.

Plancher vitré à trame acier ouvrant sur une cave à vin (2)
Plancher vitré à trame acier ouvrant sur une cave à vin (2)

Garder le verre propre derrière un feuillage

C’est la contrainte que l’on découvre après coup. Une plante placée devant une verrière rend le nettoyage plus difficile, et un vitrage qu’on n’essuie plus perd exactement ce pour quoi il a été posé. La solution consiste à prévoir le dégagement dès l’installation de la plante.

Emplacement de la planteCe que cela apporteÀ surveiller
Plante haute et fine à côté d’un montantElle accompagne la verticale du châssis sans masquer le verreLe feuillage ne doit pas frotter le vitrage, il y laisse des traces grasses
Plante au sol, en retrait du châssisLe verre reste accessible et la plante reçoit encore de la lumièreLe retrait consomme de la place au sol dans une petite pièce
Retombée depuis le dessus d’un muretElle adoucit la ligne horizontale de l’appuiLes tiges pendent devant le verre et gênent le nettoyage de la partie basse
Grande plante devant le vitrage, côté fenêtresEffet de masse végétale et beau jeu d’ombresElle prive la pièce voisine d’une partie de la lumière et bloque l’accès au verre
Pot sur socle à roulettesIl se déplace le jour du nettoyageLe socle se voit, mieux vaut le choisir sobre et bas

Les feuilles se dépoussièrent aussi. Une feuille vernissée couverte de poussière capte nettement moins de lumière, et le résultat se voit sur la croissance. Un chiffon humide passé sur les grandes feuilles suffit. Les produits lustrants, eux, bouchent les pores et donnent une brillance artificielle.

Enfin, la traverse basse et l’appui du muret ramassent la terre, les feuilles mortes et les projections d’arrosage. Un passage régulier évite que ces résidus humides ne stagnent contre le métal. C’est le même geste que l’entretien courant du châssis, simplement fait un peu plus souvent.

Composer sans encombrer la trame

Une verrière est une trame régulière, les plantes sont irrégulières par nature. C’est de ce contraste que naît l’intérêt, à condition de ne pas empiler. Quelques principes suffisent.

  • Préférez une plante forte et bien placée à cinq plantes moyennes réparties le long du châssis.
  • Jouez les hauteurs plutôt que les nombres : une plante haute, une plante à mi-hauteur, une retombée, et rien d’autre.
  • N’alignez pas des pots identiques le long de la verrière, cela crée une seconde trame qui entre en concurrence avec la première.
  • Gardez au moins une travée entièrement libre, celle par laquelle le regard traverse.
  • Un feuillage éclairé par le bas projette son ombre sur le mur et se lit à travers le verre : c’est un moyen simple de donner quelque chose à voir du côté sombre le soir.

Un mot pour les foyers avec des animaux. Plusieurs plantes d’intérieur très courantes sont toxiques pour les chats et les chiens quand elles sont mâchées, en particulier le pothos, le philodendron, le dieffenbachia et l’aloe. Placez-les hors de portée, sur un muret ou une étagère haute, ou choisissez plutôt un kentia, un chlorophytum ou un calathea, qui ne posent pas ce problème.

Beaucoup de ces arbitrages se préparent au moment de la conception, pas après la pose. La hauteur de la traverse basse, la profondeur et la finition de l’appui d’un muret, la place laissée libre le long d’un montant : ce sont des cotes, et elles se décident sur le plan. Lors de l’étude sur place, Métallier Verre 44 relève ces contraintes en même temps que les mesures, et la fabrication à l’atelier permet d’ajuster un appui à l’usage que vous en ferez.

Dans un logement ancien à Nantes, où les pièces profondes reçoivent peu de jour au fond, cette préparation change le résultat. Une verrière bien placée transporte assez de lumière pour qu’un coin sombre devienne habitable et végétalisé, à condition de choisir des plantes adaptées à ce qui leur arrive vraiment.

À retenir

  • La distance à la fenêtre décide de la lumière disponible bien davantage que l’orientation de la pièce.
  • Du côté servi par la verrière, restez sur des plantes d’ombre comme le zamioculcas, la sansevière ou l’aspidistra, même si la pièce vous paraît claire.
  • Une grande plante posée entre la fenêtre et la verrière intercepte une partie de la lumière destinée à la pièce voisine.
  • L’eau stagnante au pied d’un montant et le calcaire séché attaquent la finition d’un profilé, y compris sur un acier thermolaqué en bon état.
  • Prévoyez le dégagement nécessaire au nettoyage du verre avant d’installer une plante devant le châssis.
  • Plusieurs plantes courantes autour d’une verrière, dont le pothos et le philodendron, sont toxiques pour les chats et les chiens si elles sont mâchées.

Questions fréquentes

Peut-on faire pousser des aromatiques derrière une verrière de cuisine ?

Seulement si la cuisine possède elle-même une fenêtre et si les pots sont posés tout près. Le basilic, le persil ou la ciboulette réclament beaucoup de lumière et s’étiolent rapidement au fond d’une pièce. Une verrière ne compense pas ce manque, elle ne fait que transporter la lumière existante d’une pièce à l’autre.

Mes plantes vont-elles souffrir derrière un verre dépoli ?

Un verre dépoli ou sablé diffuse la lumière plus qu’il ne la retient, donc la perte reste limitée. Ce que la plante perd, c’est la lumière directe et le tracé du soleil, ce qui gêne surtout les espèces qui réclament du plein jour. Pour des plantes d’ombre, la différence avec un verre clair est faible.

Peut-on poser des pots sur le muret d’une verrière ?

Oui, c’est même l’un des meilleurs emplacements, à hauteur de regard et près du verre. Protégez simplement l’appui avec un plateau étanche ou un dessous de pot rigide qui laisse passer l’air, car une soucoupe qui déborde finit toujours par marquer le support. Pensez aussi à la profondeur de l’appui au moment de la conception.

Les plantes augmentent-elles la buée sur une verrière ?

Elles y contribuent modestement, par l’évaporation du substrat et la transpiration du feuillage. Dans une pièce correctement ventilée, cela ne se voit pas. Dans une petite salle d’eau ou une cuisine fermée sans extraction efficace, chaque source d’humidité compte et la buée sur le vitrage devient le signal à surveiller.

Comment nettoyer le verre quand une plante est installée devant ?

Le plus simple est d’avoir prévu de pouvoir la déplacer : un socle à roulettes bas et sobre règle la question pour une grande plante. Sinon, laissez un dégagement suffisant pour passer la main et une raclette entre le feuillage et le vitrage. Évitez surtout qu’une feuille frotte le verre en permanence, elle y laisse un film gras difficile à retirer.

Une verrière peut-elle remplacer une véritable fenêtre pour des plantes ?

Non. Elle déplace la lumière, elle n’en fabrique pas, et ce qui arrive de l’autre côté a déjà traversé une pièce entière. Elle permet en revanche de végétaliser un endroit qui, sans elle, ne recevrait rien du tout, à condition de choisir des espèces adaptées à une lumière faible.

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